Socotra, l'île du bout du monde
Il existe, au large des côtes du Yémen, posée entre l'Afrique et l'Arabie, une île qui ne ressemble à aucune autre. Socotra. Longtemps, elle ne fut qu'un nom sur les cartes des navigateurs, un bout du monde peuplé de dragons et d'oiseaux fabuleux, l'escale mythique de Sinbad et de Marco Polo. Aujourd'hui, elle existe pour de vrai, et sa réalité dépasse tout ce que la légende avait rêvé.
Une terre à part, façonnée par des millions d'années d'isolement
Imaginez une terre séparée des continents depuis des millions d'années, où l'évolution a suivi ses propres chemins. Un tiers de sa flore ne pousse nulle part ailleurs sur la planète. Ici règne le dragonnier, cet arbre en forme de parasol qui saigne une résine rouge, le sang de dragon, convoité depuis l'Antiquité. Ici poussent la rose du désert au gros ventre, le concombre devenu arbre, l'arbre à encens dont la fumée valait de l'or. Un musée vivant à ciel ouvert, une arche de Noé végétale échouée sur la mer d'Arabie.
Mais Socotra n'est pas qu'un herbier de merveilles. C'est aussi des plages turquoise et des dunes blanches, des montagnes de granit où naissent les brumes, des plateaux calcaires creusés de canyons, des lagunes où dansent les flamants. C'est une mer parmi les plus riches du monde, peuplée de dauphins, de tortues et de coraux.
Une île, un peuple et une autre façon de voyager
C'est un peuple d'une hospitalité rare, pêcheurs de la côte et bergers des hauteurs, qui parle une langue venue du fond des âges et récolte encore le miel, l'encens et le sang de dragon comme au temps des pharaons.
Venir à Socotra, ce n'est pas cocher une destination de plus. C'est s'offrir l'un des derniers vrais voyages, dans un sanctuaire du vivant classé au patrimoine mondial de l'humanité. C'est marcher sous les dragonniers, dormir sous les étoiles de l'Arabie, goûter le miel le plus rare de la Terre. C'est aussi soutenir une île fragile et un pays meurtri, car chacun de nos voyages contribue à préserver sa nature et sa culture.
Découvrir Socotra à son rythme
Ce privilège reste rare. L'île reçoit aujourd'hui quelque cinq mille voyageurs étrangers par an ; ils étaient cent quarante en l'an 2000. Harold Ingrams, administrateur britannique qui la connaissait bien, écrivait en 1955 qu'une communauté comme celle-ci
« ne peut absorber beaucoup, ni vite, sans dommage ».
Soixante-dix ans plus tard, cette phrase guide encore notre manière de concevoir les voyages : un rythme lent, de petits groupes, et le regard des Socotris pour boussole.
Ces voyages sont conçus avec passion, avec des partenaires socotris qui les font vivre sur leur terre. Trekking dans les montagnes, découverte en 4x4, exploration botanique : à chacun son chemin vers l'île du bout du monde.
Bienvenue à Socotra. Bienvenue chez elle.